La route, un danger pour les animaux !


Malgré les panneaux indiquant la traversée d’animaux, les collisions avec les voitures sont fréquentes. Selon une récente étude menée dans 24 pays européens et parue dans la revue « Frontiers in ecology and the environment », 194 millions d’oiseaux et 29 millions de mammifères sont victimes d’accidents de la route chaque année. Beaucoup d’oiseaux, mais aussi des blaireaux, des écureuils, des crapauds …
Fouine renversée par une voiture sur la nationale 10 (image: Cléo)
Pourquoi ?
Les animaux font des kilomètres pour trouver de la nourriture, un point d’eau, un partenaire ou encore un lieu de reproduction. En chemin ils rencontrent beaucoup d’obstacles comme les grillages, les villes, mais surtout les routes. Or le réseau routier grandit chaque année tout comme le nombre d’accidents. Les routes empiètent toujours plus sur le territoire des animaux sauvages.
Cette hécatombe risque d’entraîner la disparition totale de certaines espèces et de rompre les chaînes alimentaires.
Panneau de signalisation indiquant la traversée de grands animaux
(image: Cléo)
Des solutions ciblées sur certaines espèces
Deux histoires différentes, deux espèces différentes, mais des idées centrées autour de cette même passion de la nature et de cette envie de la préserver.
Le Crapaudrome
A Lévis Saint Nom, les habitants étaient horrifiés de voir des milliers de crapauds écrasés. En effet une route sépare la forêt où vivent les crapauds du point d’eau où ils se reproduisent. Les Lévissiens ont donc installé un crapaudrome en 2007. « Cette installation est venue de cette envie des Lévissiens de faire quelque chose devant ces crapauds écrasés » nous raconte Catherine, responsable de l’activité crapaudrome au sein de l’Amicale ( Association pour la MIse en valeur du CAdre naturel et culturel de LEvis Saint Nom ).
« Le crapaudrome, explique Catherine, est un dispositif installé de façon temporaire pendant la migration des crapauds, c’est à dire de fin janvier à début avril. Ce dispositif permet d’arrêter les crapauds qui migrent vers l’étang pour se reproduire et de leur faire traverser la route ». Quand ils traversent, ils se font écraser par milliers, le crapaudrome permet d’éviter ce massacre. Cette installation existe depuis une quinzaine d’années. A l’ouverture en 2007, plus de 1450 crapauds ont été sauvés et l’année dernière en 2024, 2838 crapauds.
« C’est important de sauver tout ce
Catherine LAUNAY
qu’on peut et de mettre en place des projets »
Le crapaudrome fonctionne avec des bénévoles qui viennent ramasser les crapauds dans les seaux et qui les relâchent dans l’étang. « Les bénévoles effectuent un comptage, explique Catherine, on compte les mâles et les femelles, puis on fait un relevé pour voir l’évolution sur plusieurs années ».
Les bénévoles entretiennent aussi le crapaudrome. Ils organisent également des animations pour sensibiliser le public aux crapauds, aux amphibiens et à la richesse pour les Lévissiens d’avoir autant de batraciens.
Catherine conclut en disant « je pense que l’être humain est un élément de la nature et tant qu’il n’aura pas compris qu’en protégeant les autres éléments, il se protège lui aussi, il court à sa perte. Il faut vraiment protéger les crapauds, et c’est un dispositif qui n’est pas très compliqué et vraiment utile. C’est important de sauver tout ce qu’on peut et de mettre en place des projets qui peuvent aider la nature à suivre son cours et les cycles de vie à aller au bout. »
Les Panneaux de signalisation pour les écureuils
Il est 15 heures, j’arrive près du panneau de signalisation où Didier, bénévole de l’association L’Écureuil Roux, m’attend. Rapidement il m’explique qu’ici un panneau de signalisation a été installé car une traversée d’écureuils a été constatée et « qu’il fallait absolument faire quelque chose pour éviter qu’ils ne soient écrasés » ajoute Angèle Sipière, présidente de l’association. Ici, dans la ville de Bazoches-sur-Guyonne, 4 panneaux, financés par la fondation Brigitte Bardot, ont été installés pour sensibiliser les gens et les inciter à faire attention aux écureuils ainsi qu’à la petite faune sauvage. « Nous avons aussi installé un écuroduc, c’est un filin entre deux arbres de chaque coté d’une route » explique Didier.
Didier Guilbaud, trésorier/bénévole dans l’association L’Écureuil Roux et Cléo Poulard (image: Cléo)
« On fait également de la sensibilisation dans les écoles, je pense que la protection de l’environnement passe par les enfants. Ce sont eux qui vont ensuite demander aux parents de ralentir pour voir les écureuils et ne pas les écraser ».
Les écureuils et beaucoup d’autres mammifères arpentent un vaste territoire de plusieurs hectares fragmenté par les routes. Tous ces animaux ont besoin de place pour vivre.
« Je pense que les gens aujourd’hui sont irrespectueux en général déjà entre eux, alors comment pourraient-ils respecter la nature ? Il ne faut pas oublier que la nature était là avant nous, on lui doit du respect et il faut y faire attention. » nous fait part Didier.
Heureusement chaque jour des associations comme celles de Didier ou de Catherine œuvrent pour la protection de l’environnement et pour protéger les animaux du danger que représente la route. La biodiversité est une richesse, préservons-la, n’hésitez pas à aller à la rencontre des associations près de chez vous !
SOURCES :
- https://esajournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/fee.2216
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Mortalit%C3%A9_animale_due_aux_v%C3%A9hicules
- Interview de Didier, de L’Écureuil roux : https://www.ecureuil-roux.org/
- Interview de Catherine de L’Amicale
- Tableau de ramassage des crapauds de l’Amicale
Article écrit par Cléo POULARD, photographies de Cléo POULARD